Adapter ses équilibres et ses déplacements à des environnements ou des contraintes variées

Les sollicitations de cette catégorie d'actions vise à amener progressivement l'enfant à construire de nouvelles formes d'équilibre et de déplacements pour s'adapter à différents types d'environnement, en prenant des risques mesurés.
Vous trouverez sur le lien suivant du site eduscol les objectifs à rechercher, les parcours à mettre en place pour solliciter l'enfant sur cette thématique.
Des conseils sont également donnés sur l'exploration du milieu aquatique (pp 20-23):

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Les inquiétudes de l'enfant sur le milieu aquatique peuvent se cumuler et devenir source d'angoisses. Le bruit, le froid, la nudité mais aussi la peur de se remplir d'eau, de couler vers un fond inconnu modifient la représentation de l'eau que peuvent avoir les enfants.
Les objectifs primordiaux à viser sont d'accepter l'immersion complète, en apnée dans un premier temps puis en expirant, ouvrir les yeux avec et sans lunettes et se laisser flotter. C'est la première étape que R.Catteau nomme "la construction du corps flottant".
Nous pouvons préciser les contenus d'enseignements autour de la structuration progressive du système ERPI (équilibre-respiration-propulsion-information):
C'est à partir de l'équilibre vertical de terrien en petite ou en grande profondeur (le long de la goulotte par exemple) que l'enfant fera les expériences de la flottabilité, de l'immersion du visage, de l'expiration aquatique, de la résistance de l'eau...
Demander à l'enfant de toucher le fond lui posera problème, des interrogations. L'enfant peut croire qu'il coule alors que la descente est visiblement difficile. Il devra trouver des solutions pour se tirer vers le fond grâce aux barreaux de l'échelle ou à l'aide d'appuis sur la cage aquatique. Des mots, des retours d'expérience sont nécessaires pour appuyer cette déconstruction de la représentation que le corps coule . La situation d'exploration de la profondeur peut ensuite se prolonger par la remontée passive, sans bouger, signe de cette compréhension, cette acceptation de la flottabilité positive.
L'enfant en confiance, pourra alors quitter ses appuis pédestres de terrien pour un nouvel équilibre, horizontal, de nageur. Se maintenir immobile sur le dos à la surface représente une situation de mise en sécurité intéressante. Elle pourra être améliorée par un battement grossier des jambes et d'un petit balayage des mains pour engager une première propulsion autonome de surface. Cette motricité ne s'enseigne pas directement, elle va s'acquérir incidemment grâce aux tâtonnements lors des multiples mises en situation.
L'enfant doit apprendre à connaître les propriétés de l'eau, son propre schéma corporel et apprendre à sentir son corps dans l'eau.
C'est la mise en place d'un milieu aménagé attirant qui va permettre à l'enfant de vivre de nouvelles expériences d'immersion, de déplacement sous l'eau, de variations d'équilibres, de prises d'air rapides suivies d'apnées et d'expirations aquatiques.
Une démarche pédagogique qui privilégie l'imaginaire à travers un scénario prévu en classe ou à travers des jeux collectifs donnera du sens aux apprentissages liés aux entrées dans l'eau, les changements d'équilibres, les maintiens à la surface, les déplacements en immersion et de surface. Le but de cette adaptation est que l'enfant prenne plaisir à évoluer dans l'eau, qu'il construise progressivement son schéma corporel dans ce nouveau milieu aux caractéristiques si particulières à intégrer.

Devons-nous mettre des ceintures, brassards, frites aux enfants durant cette étape?

Si l'objectif est de faire comprendre et vivre que leur corps flotte, il serait contre-productif de les équiper de matériel de flottaison. En effet, leur placer des flotteurs renforce leur peur en justifiant le fait qu'ils coulent si ils n'en sont pas équipés...

Quels sont les moments clés où certaines aides (lunettes, masque, tuba, palmes, plaquettes, brassards, ceinture, planches, pull-buoy..) sont utiles?

Une fois la construction du corps flottant acquise, l'enseignant pourra ensuite utiliser les flotteurs pour cibler les apprentissages sur des points particuliers comme les changements d'équilibres, l'isolation d'un travail de propulsion ou pour permettre la réalisation en sécurité d'un scénario collectif en grande profondeur...